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5 mensonges du greenwashing sur la gestion des déchets

De nos jours, de nombreuses entreprises et marques mettent en avant leurs initiatives en matière de durabilité et de respect de l’environnement. À première vue, cela semble prometteur : « Le monde reconnaît enfin l’importance de notre environnement », pourrait-on se dire. Cependant, derrière ces promesses vertes et ces déclarations de durabilité, la réalité est souvent bien plus sombre. Les consommateurs sont attirés par les publicités écologiques et y croient, se sentant bien de soutenir ce qu’ils pensent être des entreprises éthiques. Malheureusement, ces entreprises utilisent souvent les bénéfices issus de ce soutien pour masquer leurs véritables intentions, en contournant les lois et réglementations sans apporter de changements significatifs. Dans cet article de blog, nous dévoilerons cinq mensonges du greenwashing spécifiquement liés à la gestion des déchets et analyserons leur impact sur l’environnement et l’économie.

Mensonge n°1 : « Les programmes de reprise des déchets textiles mis en place par les marques de mode constituent des systèmes efficaces et bien fonctionnels. »

Affirmation : Les programmes de reprise proposés par les marques de fast fashion sont présentés comme une option pratique et responsable permettant aux consommateurs de retourner leurs vêtements dont ils ne veulent plus. Les marques promettent que ces articles seront donnés, recyclés ou qu’ils bénéficieront d’une seconde vie.

Réalité : Bien que ces initiatives soient présentées comme durables, seule une faible partie des vêtements collectés est réellement recyclée ou réutilisée. La majorité est sous-recyclée, détruite ou envoyée vers des pays ne disposant pas de systèmes de gestion des déchets adéquats, aggravant ainsi les dommages environnementaux.

Le problème des systèmes de reprise mis en place par les marques de mode est largement abordé dans le rapport de la Changing Markets Foundation, intitulé Take-Back Trickery. L’organisation a suivi le parcours de 21 articles vestimentaires déposés dans des programmes de reprise de grandes marques telles que H&M, Zara, C&A, Primark, Nike, Boohoo, New Look, The North Face, Uniqlo et Marks & Spencer, à l’aide de traceurs dissimulés.

L’enquête, menée entre août 2022 et juillet 2023, a classé les résultats en fonction de la destination finale des vêtements :

  • Sous-recyclés ou détruits : 7 articles ont été broyés, brûlés comme combustible ou transformés en produits de moindre valeur, tels que des matériaux d’isolation.
  • Revendre en Europe : 5 articles ont été revendus, mais via un processus inefficace impliquant des trajets et transports importants.
  • Perdus dans un entre-deux : 5 articles sont restés bloqués dans des entrepôts ou n’ont jamais quitté le point de collecte.
  • Expédiés vers l’Afrique : 4 articles ont été envoyés en Afrique, contribuant aux problèmes locaux de gestion des déchets.

Heureusement pour les pays de l’Union européenne, une loi entrant en vigueur en 2025 et imposant la collecte séparée des déchets textiles est en cours de mise en œuvre afin de répondre aux défis environnementaux croissants liés aux déchets textiles. Cette législation oblige tous les États membres de l’UE à mettre en place des systèmes garantissant que les textiles soient collectés séparément des autres déchets, afin d’éviter leur mise en décharge ou leur incinération.

Elle vise à encourager la réutilisation et le recyclage, tout en incitant l’industrie textile à développer de nouvelles technologies pour le traitement des matériaux usagés. Elle cherche également à réduire la surproduction de textiles en favorisant le marché de la seconde main et la mode durable. Cette loi s’inscrit dans le cadre plus large du plan d’action de l’UE pour l’économie circulaire, dont l’objectif est de rendre les industries plus durables et de réduire la production globale de déchets.

Avec l’aide de Sensoneo, les systèmes de reprise n’ont pas besoin d’être aussi complexes. Ils doivent simplement être mis en œuvre de manière efficace. L’un des meilleurs exemples est le système de reprise déployé pour ASEKOL, un collecteur national de DEEE en Tchéquie, qui permet de maximiser l’efficacité grâce à des données précises et en temps réel.

Mensonge n°2 : « Tous les produits étiquetés comme biodégradables ou compostables sont respectueux de l’environnement. »

Affirmation : Les entreprises présentent leurs produits ou emballages comme « biodégradables » ou « compostables » afin de suggérer qu’ils sont respectueux de l’environnement.

Réalité : Beaucoup de ces produits ne se biodégradent que dans des conditions industrielles spécifiques, qui ne sont pas disponibles dans les décharges classiques ni dans le compostage domestique. En l’absence d’installations adaptées, ces articles peuvent persister dans l’environnement de la même manière que les plastiques traditionnels.

Globalement, les plastiques biodégradables peuvent être classés en deux grandes catégories selon leur mécanisme de dégradation : les plastiques oxo-biodégradables et les plastiques hydro-biodégradables.

Plastiques oxo-biodégradables :

Les plastiques oxo-biodégradables sont fabriqués à partir de polymères dérivés du pétrole, mélangés à des additifs tels que des sels métalliques afin d’accélérer leur dégradation lorsqu’ils sont exposés à l’oxygène. Leur principale matière première est le naphta, un sous-produit du pétrole ou du gaz naturel.

Le principal problème des plastiques oxo-biodégradables est qu’ils ont tendance à se fragmenter en microplastiques — de minuscules particules susceptibles d’être ingérées par la faune et d’entrer ensuite dans la chaîne alimentaire. Bien qu’ils se dégradent plus rapidement que les plastiques traditionnels, ils ne sont pas recyclables et finissent généralement en décharge.

Dans les environnements de décharge, en particulier dans les couches profondes où l’oxygène est limité, leur dégradation ralentit fortement, voire s’arrête complètement. Ces plastiques nécessitent également une exposition aux rayons UV pour activer le processus de dégradation, or les décharges, où les déchets sont enfouis sous la terre et d’autres matériaux, manquent souvent de lumière solaire suffisante, ce qui entrave davantage leur dégradation.

De plus, la décomposition des plastiques oxo-biodégradables entraîne l’émission de gaz à effet de serre tels que le CO₂ et le méthane, ainsi que de substances chimiques toxiques pouvant nuire à l’environnement et aux organismes vivants, y compris l’être humain.

Plastiques hydro-biodégradables :

Les plastiques hydro-biodégradables se décomposent rapidement par hydrolyse et comprennent des matériaux tels que le polyhydroxyalcanoate (PHA) et l’acide polylactique (PLA). Le PHA est généralement fabriqué à partir de sucres issus d’algues, tandis que le PLA provient de sucres contenus dans des cultures comme le maïs et la canne à sucre.

Les plastiques hydro-biodégradables rencontrent des difficultés similaires lorsqu’ils sont éliminés en décharge, où l’oxygène et l’humidité sont limités, ce qui peut les amener à persister pendant des siècles tout en libérant lentement du méthane. Dans l’environnement naturel, ils peuvent présenter les mêmes risques que les plastiques traditionnels tels que le PET.

Bien que ces plastiques aient le potentiel de se réintégrer plus rapidement dans l’écosystème, ce processus ne se produit que dans des installations de compostage industriel à haute température, qui restent rares, en particulier dans les pays en développement où la pollution plastique constitue un problème majeur.

Mensonge n°3 : « Les entreprises régulent et recyclent leurs déchets. »

Affirmation : Les entreprises affirment qu’elles recyclent leurs déchets en les expédiant vers d’autres pays pour y être traités.

Réalité : Une grande partie des déchets exportés, en particulier les plastiques, finit dans des pays disposant d’infrastructures de gestion des déchets insuffisantes, ce qui entraîne une pollution environnementale, des dépôts illégaux ou une élimination inappropriée. Cette pratique transfère la charge environnementale vers des régions plus pauvres et compromet les véritables efforts de recyclage.

L’exportation de déchets vers des pays appliquant des réglementations environnementales moins strictes — pourtant parties à la Convention de Bâle — et disposant d’infrastructures de gestion des déchets insuffisantes est une stratégie couramment utilisée par de nombreuses entreprises. Elle peut entraîner des dommages durables tant pour les populations que pour l’environnement.

Les plastiques non recyclés sont souvent incinérés, libérant des substances chimiques dangereuses qui contaminent les communautés et la chaîne alimentaire, ou abandonnés dans des sites de déchets non contrôlés, provoquant la pollution des ressources en eau et la dégradation des écosystèmes. Si cette pratique permet à certains pays d’afficher une empreinte carbone plus faible sur le papier, ses conséquences environnementales et éthiques sont, en réalité, bien plus graves.

À titre d’exemple, on peut citer Rome. Après la fermeture de la décharge de Malagrotta en 2013, la ville s’est retrouvée sans infrastructures adéquates pour gérer ses déchets. Rome a alors conclu un accord pour envoyer ses déchets à Amsterdam, où ils sont incinérés afin de produire de l’énergie pour environ 30 000 foyers.

Bien que cette solution puisse sembler bénéfique — et que les Pays-Bas ne manquent ni d’infrastructures ni de cadres réglementaires adaptés — le transport des déchets sur de si longues distances génère des émissions de carbone importantes, réduisant ainsi les bénéfices environnementaux. Heureusement, Rome travaille actuellement à la construction de sa propre usine de valorisation énergétique des déchets, dont l’achèvement est prévu pour 2026.

Comme nous pouvons le constater, les pays développés ne devraient pas dépendre d’autres pays pour gérer leurs déchets. La solution consiste à moderniser les villes et les villages à l’échelle nationale grâce à des conteneurs intelligents et à l’optimisation des itinéraires de collecte.

La mise en œuvre de solutions telles que la collecte des déchets pilotée par l’IA, la surveillance basée sur des capteurs et l’analyse de données en temps réel permet d’améliorer l’efficacité, de réduire les coûts et de limiter l’empreinte carbone liée à la gestion des déchets. En adoptant ces technologies, les pays peuvent également créer des emplois verts et contribuer à une économie circulaire, dans laquelle les matériaux sont réutilisés et revalorisés plutôt que jetés.

Source: interplasinsights.com

Mensonge n°4 : « Les décharges sont sans danger pour l’environnement. »

Affirmation : Les décharges modernes sont présentées comme une solution sûre et efficace pour la gestion des déchets et sont censées présenter des risques minimes pour la santé humaine et l’environnement.

Réalité : Bien que les décharges modernes intègrent des technologies visant à réduire les impacts environnementaux, elles ne sont pas totalement exemptes de risques. Des fuites peuvent toujours se produire, permettant à des substances chimiques toxiques de s’infiltrer dans le sol et les nappes phréatiques, et provoquant potentiellement des dommages environnementaux à long terme.

Les décharges modernes sont équipées de diverses technologies présentées comme bénéfiques pour l’environnement et destinées à rendre les sites d’enfouissement plus sûrs. Voici quelques-unes des technologies les plus connues, ainsi que les problèmes qui leur sont associés :

Géomembrane de confinement (liner technique)

Bien que les géomembranes de confinement soient conçues pour empêcher les fuites de déchets, elles ne sont pas imperméables pour toujours. Avec le temps, ces barrières peuvent se dégrader ou se fissurer, permettant au lixiviat (liquide toxique) de s’infiltrer dans les sols environnants et les nappes phréatiques. Même des fissures mineures peuvent entraîner une contamination importante, d’autant plus que ces géomembranes sont généralement enfouies sous des tonnes de déchets, rendant toute réparation pratiquement impossible une fois en place.

Système de collecte des lixiviats

Les systèmes de collecte des lixiviats peuvent aider à gérer les déchets liquides, mais ils sont coûteux à installer et à entretenir. De plus, leur efficacité dépend d’une surveillance et d’une maintenance régulières et, même dans ce cas, ils ne sont pas infaillibles. Avec le temps, les canalisations peuvent se boucher, les pompes tomber en panne et le lixiviat déborder, entraînant la contamination des masses d’eau voisines. Le coût et la complexité du traitement des lixiviats compliquent encore davantage le processus de gestion.

Contrôles sanitaires et maintenance quotidiens

Bien que des mesures quotidiennes, telles que le recouvrement des déchets, puissent réduire les odeurs et empêcher leur dispersion, ce processus est coûteux et nécessite une main-d’œuvre importante. La terre ou les autres matériaux utilisés pour le recouvrement quotidien occupent un espace précieux dans la décharge, réduisant sa capacité globale. Les solutions alternatives, comme les bâches, sont parfois moins efficaces, et la gestion des nuisibles et des odeurs reste un défi permanent. De plus, des conditions météorologiques imprévues peuvent aggraver ces problèmes.

Valorisation énergétique du gaz de décharge

Bien que les systèmes de valorisation énergétique du gaz de décharge captent le méthane et le transforment en énergie, cette technologie n’est pas efficace à 100 %, et une partie du méthane s’échappe dans l’atmosphère. Or, le méthane est un gaz à effet de serre très puissant, et même de faibles fuites peuvent avoir un impact environnemental significatif.

De plus, ces systèmes sont coûteux à installer et à entretenir, et les infrastructures nécessaires à la conversion énergétique peuvent connaître des périodes d’arrêt, ce qui réduit leur efficacité globale dans la capture du méthane.

À titre d’exemple illustrant l’échec des technologies mentionnées ci-dessus, on peut citer l’incendie de la Bridgeton Landfill, qui a débuté en 2010 et a entraîné de graves problèmes. La décharge a rencontré d’importantes difficultés, principalement liées à son système de captage des gaz, incapable de retenir efficacement le méthane et d’autres gaz, ce qui a provoqué des émissions nocives.

En outre, le site a souffert de problèmes persistants d’odeurs dues à des émissions sulfurées, malgré l’installation d’un nouveau système en 2014. Des habitants signalaient encore des problèmes de santé en 2022, et la décharge est restée instable en raison de l’incendie souterrain persistant, déclenché plus de dix ans auparavant.

Les nouvelles technologies améliorent la manière dont les décharges gèrent les déchets, mais il est trompeur de les qualifier de totalement sûres ou efficaces à 100 %. Chaque décharge, aussi avancée soit-elle, entraîne toujours un certain niveau de dommage environnemental.

La solution la plus efficace consiste à réduire, dès le départ, la quantité de déchets envoyés en décharge. En mettant l’accent sur le recyclage et le compostage, il est possible de diminuer significativement le recours à l’enfouissement. Traiter le problème des déchets en amont, avant qu’ils n’atteignent la décharge, est essentiel pour limiter leur impact sur l’environnement.

Mensonge n°5 : « Tous les déchets recyclables sont recyclés. »

Affirmation : Une fois que les matériaux sont déposés dans les bacs de recyclage, ils sont tous traités et réutilisés, contribuant ainsi à la réduction des déchets et à la durabilité environnementale.

Réalité : Tous les déchets recyclables ne sont pas réellement recyclés. De nombreux facteurs influencent le recyclage effectif des matériaux, notamment la contamination, l’insuffisance des infrastructures de recyclage et la demande du marché pour certains types de matériaux.

Pour beaucoup, jeter des déchets recyclables dans un bac donne l’impression que le problème est résolu. Mais que se passe-t-il ensuite ? Ces matériaux sont-ils réellement recyclés ? Examinons les recyclables les plus courants et les réalités qui se cachent derrière leur recyclage :

Plastique :

  • Problèmes : Les différents types de plastiques doivent être séparés ; leur mélange réduit la qualité du matériau recyclé. De plus, les résidus alimentaires présents sur les plastiques peuvent les rendre non recyclables.
  • Réalité : Selon National Geographic, 91 % des plastiques ne sont en réalité pas recyclés. Seuls 9 % l’ont été, tandis que l’immense majorité — 79 % — s’accumule dans les décharges ou se retrouve dans l’environnement naturel sous forme de déchets.

Métal :

  • Problèmes : La peinture, les revêtements ou les étiquettes présents sur les métaux peuvent perturber le processus de recyclage. Certains métaux, comme des alliages spécifiques, sont également difficiles à recycler.
  • Réalité : Les taux de recyclage des métaux sont généralement plus élevés que ceux des plastiques. Aux États-Unis, selon un rapport de Statista, le plomb affichait un taux de recyclage de 69 % en 2021, tandis que le magnésium, l’aluminium et le nickel dépassaient tous les 50 %. Le fer et l’acier présentaient un taux de recyclage de 44 %, ce qui représente près de 50 millions de tonnes métriques de matériaux recyclés.

Verre :

  • Problèmes : Le verre cassé peut contaminer d’autres recyclables, comme le papier, et le mélange des différentes couleurs de verre complique le processus de recyclage.
  • Réalité : Aux États-Unis, environ 33 % du verre a été recyclé en 2018, selon les données de l’Environmental Protection Agency (EPA). En revanche, dans des régions comme l’Union européenne, les taux de recyclage du verre sont nettement plus élevés. La Suède, par exemple, atteint régulièrement un taux de recyclage supérieur à 95 % pour le verre.

Papier:

  • Problèmes : Les résidus alimentaires ou liquides peuvent contaminer des lots entiers de papier, et les fibres de papier se dégradent à chaque cycle de recyclage, ce qui réduit progressivement leur qualité.
  • Réalité : Le papier est l’un des matériaux les plus recyclables. L’Environmental Protection Agency (EPA) estime qu’environ 68 % de l’ensemble du papier et du carton déposés dans les bacs de recyclage sont effectivement recyclés chaque année..

Globalement, il est clair qu’une part importante des déchets recyclables n’est en réalité pas recyclée. Notre responsabilité ne se limite pas au simple fait de jeter les déchets dans le bon bac. La réduction des déchets à la source doit rester l’objectif principal.

Par ailleurs, grâce à la mise en œuvre de solutions modernes et à l’amélioration des infrastructures, nous pouvons progresser pas à pas vers un avenir dans lequel les matériaux recyclables seront recyclés à 100 %.

Sources: changingmarkets.org , eea.europa.eueuropean-bioplastics.orgucusa.orge360.yale.edugoodstartpackaging.comncbi.nlm.nih.govgreenmatters.comrecovery-worldwide.comepa.govstatista.comeducation.nationalgeographic.comepa.govwm.comsimmonsfirm.comksdk.combbc.cominvw.org, interplasinsights.com

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